Interview avec Emilie Dechaux, Pharmacienne titulaire à la Pharmacie de Montalieu (38)

  • 10.07.2024
  • Article de blog

Interview avec Emilie Dechaux, Pharmacienne titulaire à la Pharmacie de Montalieu (38)

Emilie Dechaux, Pharmacienne titulaire à la Pharmacie de Montalieu (38), a eu la gentillesse d’accorder l’interview de ce mois à Pharmapro.fr. Elle nous explique comment sa pharmacie fait face à l’évolution du métier et de quelle manière elle a élargi ses services afin de répondre le mieux possible et avec le maximum de bienveillance aux problématiques prioritaires de sa patientèle.

Pharmapro.fr – Bonjour ! Pourriez-vous vous présenter en quelques phrases, ex. qui êtes-vous, où travaillez-vous actuellement, votre parcours ?
Je m’appelle Emilie Dechaux, issue d’un parcours industriel dans les affaires réglementaires, j’ai vite pris le tournant de l’officine. Ainsi après 6 ans d’assistanat dans plusieurs pharmacies, je me suis installée dans une des deux officines de Montalieu-Vercieu.
J’étais auparavant salariée adjointe dans l’autre et avec mon ancien patron nous avons pu acheter cette officine à 50/50.
En 2014, nous avons fusionné les deux officines pour ne créer qu’une seule structure afin de mieux pouvoir répondre aux différentes problématiques.
En 2020, suite au départ de mon associé, j’ai racheté les parts.
En 2023, j’ai réalisé des travaux afin de créer 4 espaces de consultations et robotiser.
La pharmacie s’étend sur 3 étages, une belle surface de ventes, 3 box de consultations, 1 local orthopédie et une borne de téléconsultation.

Pourquoi avez-vous choisi de faire des études de pharmacie et finalement est-ce que le métier a répondu à vos attentes ?
Au départ, la pharmacienne de mon village m’a énormément inspirée par son investissement alors que j’étais encore enfant, j’aimais bien le côté mixte chimie/ santé.
Comme j’hésitais par ailleurs avec une filière de droit, je me suis orientée vers les affaires réglementaires…. Mais j’ai vite bifurqué vers l’officine car le contact soignant/patient me manquait.

Quelles sont les principales difficultés que l’on peut rencontrer dans ce métier ?
Nous subissons les décisions des pouvoirs publics en termes de santé et puis il y a les ruptures de médicaments. Mais cet exercice est très valorisant car nous avons une grande reconnaissance des patients.

Par quelles étapes êtes-vous passée pour devenir titulaire ?
Adjoint pendant 7 ans puis aide d’un sénior pharmacien, c’est d’ailleurs ce que je souhaiterais faire par la suite avec mes adjoints. Étant d’un milieu modeste, il me manquait la mise de départ, mais cet accompagnement m’a permis de m’installer.

Quels sont les différents services proposés dans votre pharmacie et quels critères ont guidé votre choix dans le développement de ces offres ?
Nous proposons des services de :
– Vaccination
– TROD (Covid/grippe/angine/cystite)
– Borne de téléconsultation
– Maintien à domicile (l’officine dispose de son propre parc de matériel médical)
– Livraison de médicament
– Accompagnements pharmaceutiques
Pour la mise en place de ces services, je me suis surtout adaptée à ce que l’on peut mettre en place officiellement et aux demandes émises par les patients.
À titre d’exemple, je n’ai pas mis en place l’entretien de micronutrition car la demande est inexistante, et que je pense que ce service n’est pas prioritaire étant donné la détresse des gens sur des problématiques plus prioritaires.
Pour que le patient soit satisfait ou mieux hyper-satisfait, il faut avoir pris en considération sa demande et y répondre le mieux possible avec le maximum de bienveillance.
En développant les services, on a plus de solutions à donner, donc moins de frictions, plus d’expériences positives.

Avez-vous rencontré des difficultés particulières dans la mise en place de ces services ?
Les locaux…. Mettre en place nécessite des locaux adaptés, les 6 mois de travaux pharmacie ouverte ont été très éprouvant pour l’équipe.
J’ai de la chance d’avoir une équipe qui adhère à ce concept. Même si certains restent frileux, la majorité joue le jeu car il faut quand même nuancer que ces services sont chronophages et pas toujours d’une rentabilité immédiate. Pour caricaturer, nous pourrions quasi les inscrire en budget communication, car c’est surtout pour l’image.
Malgré tout, je suis très contente de cette évolution de la profession, j’avais initialement fui l’officine, pour son côté épicier sans plus-value médicale, mais là je trouve que nous retrouvons notre place centrale au sein du système de santé.

Est-ce que ce large panel de services a apporté une plus-value à la pharmacie ? Et qu’en est-il de votre épanouissement personnel ?
Premièrement je pense que cela a permis d’avoir une très bonne image d’une pharmacie dynamique où l’on peut être accompagné et trouver une réponse.
Comme nous sommes isolés géographiquement, je pense que ça rend vraiment service aux patients d’avoir développé par exemple la livraison et le matériel médical.
Ensuite, la reconnaissance des patients est un élément important. En effet, il n’y a rien de pire pour moi que ne pas pouvoir répondre favorablement à une problématique.
Plus concrètement, ça crée un flux de patients et donc des marges additionnelles, même si la rentabilité de chaque service est difficile à calculer.

Quels conseils pouvez-vous donner à un jeune diplômé qui débute sa carrière de pharmacien ?
Être patient.
Toujours respecter la législation mais également se mettre à la place du patient dans un contexte de désert médical.
Être empathique.

Selon vous, dans le contexte actuel, comment une pharmacie peut-elle réussir à attirer et fidéliser de nouveaux pharmaciens et préparateurs ?
À la pharmacie de Montalieu, nous accompagnons chacun dans le développement professionnel, dans les nouvelles formations et nous prônons l’entraide. L’esprit d’équipe et la bienveillance comptent également beaucoup.

Que pensez-vous d’applications comme Faks pour améliorer le contact avec les laboratoires ? Utilisez-vous souvent ce genre d’applications ?
Oui nous utilisons beaucoup ces applis, ainsi qu’un logiciel de planning et de gestion des factures pour gagner un maximum de temps sur des tâches annexes ingrates.

Est-ce qu’actuellement vous recrutez du personnel ? Si oui, dites-nous le ou les postes ouverts ?
Nous recherchons actuellement un pharmacien adjoint temps plein 1 samedi /2 si possible en cdi mais nous sommes ouverts.
Nous avons une salle de pause avec douche à l’étage et pouvons mettre à disposition une solution d’hébergement.

Le 10 juillet 2024. Interview réalisée par e-mail en juin 2024 par l’équipe de Pharmapro.fr avec Emilie Dechaux, Pharmacienne titulaire à la Pharmacie de Montalieu (38). L’interview a été légèrement éditée pour en simplifier la lecture.